Frappes déviées

Football, Girondins de Bordeaux, et médias sociaux

Adieu Lescure !

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L’adieu à Lescure, c’était il y a 3 jours déjà. 3 jours après, je réalise que j’ai besoin de garder une trace écrite de ce moment si particulier. Voici donc mon adieu à ce stade avec lequel j’ai grandi depuis l’âge de 14 ans.

Chaque supporter bordelais a sa propre histoire personnelle avec le stade, qui l’ait connu sous le nom de Lescure, ou uniquement en tant que stade Chaban-Delmas. Pour moi, ça a toujours été les deux. La mienne commence à l’adolescence, alors que je n’étais qu’une jeune supportrice innocente, limite un peu footix. Mais une grosse dizaine d’années après, mon cœur vibre toujours de la même manière.

 Grandir dans, et avec le stade

La première fois que j’ai mis les pieds au stade Lescure, c’était un soir de novembre 2002. Un Bordeaux-Rennes des plus banals. C’est ma maman qui avait pu avoir des places grâce à son travail, pour nous faire plaisir à mon père, mon frère et moi. Je me rappelle très bien avoir gravi les marches de l’escalier 40 en tribune de face, et avoir marqué un temps d’arrêt en haut de l’escalier pour observer cette volée de sièges à perte de vue, la pelouse, les éclairages éblouissants, et les joueurs à l’échauffement. C’était donc ça, un stade. Dans mes yeux d’ado passionnée de foot, je n’avais rien vu d’aussi beau, et plus aucun autre lieu ne m’importait. Et la suite fut toute aussi extraordinaire : une victoire 2-0 sur un doublé de Pauleta.

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Presque 13 ans après, pour ce dernier soir, mes yeux ont brillé et mon cœur a vrillé exactement de la même manière. Exactement de la même manière, je me suis arrêtée en haut de l’escalier. Cette fois, le stade était encore vide. J’ai rejoint ma place dans un soupir, un peu maladroitement, en trébuchant à moitié sur les drapeaux déposés par les Ultras. Oh d’ailleurs, un grand bravo aux Ultras, vraiment, je n’aurai jamais les mots pour leur rendre l’hommage qu’ils méritent, mais bravo et merci.

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Je n’en menais pas large jusqu’au coup d’envoi, et encore moins quand Marc Planus est arrivé. Une vraie gamine. Je ne sais pas si j’ai rajeuni ou si j’ai pris un coup de vieux, mais ce samedi restera gravé. A Lescure, j’ai souvent râlé, souvent soupiré d’ennui. Malgré tout, j’y ai connu certains des plus beaux moments de ma vie.

5 saisons en tant qu’abonnée, un nombre incalculable de matchs, des révisions de partiels en haut du Virage Sud à la mi-temps des matchs du dimanche soir (réussir un partiel de politique après un Bordeaux-Marseille, ça ne s’invente pas), la musique de la Ligue des Champions, des fous rires avec les potes, mes cordes vocales brisées, les pieds congelés en plein hiver, toutes les compétitions possibles ou presque, l’expulsion de Rio Mavuba contre Valence, les chants, les olas, les insultes, les prières à San Fernando Cavenaghi, les minutes de temps additionnel interminables, la pluie, le soleil dans les yeux, les hurlements pendant l’annonce de la compo, les couchers de soleil, le challenge Wanadoo, les buts, les bleus sur les tibias après un pogo dans le Virage, les boulettes de papier, les tifos… et tous les joueurs qui ont arboré le Scapulaire, les bons et les moins bons.

Adieu Lescure et au revoir Marc Planus

Marc Planus, bon sang. Si vous saviez comme j’ai pu saouler mes proches avec ce joueur, depuis l’âge de 14 ans. Marc Planus par ci, Marc Planus par là. Et Marco ceci, et Marco cela. Du slogan « MP274EVER » inscrit un peu partout sur mes fournitures scolaires aux maillots offerts par le joueur lui-même, en passant par les photos découpées dans le catalogue des Girondins et les posters collés au-dessus de mon lit… J’ai tout fait, je crois. Pleurer pour son premier but en Ligue 1, trembler au moment où il me dit bonjour, hurler de joie pour sa sélection en Equipe de France, et j’en passe.

Maillot Planus

Alors je vous laisse imaginer mon état samedi, en le voyant aussi ému au bord de la pelouse avant le coup d’envoi, alors que la vidéo des plus beaux moments de sa carrière à Bordeaux était diffusée sur les écrans géants. Parce que ce fameux Bordeaux-Rennes de 2002 était aussi son premier match. Entré en première mi-temps à la place de Marco Caneira, blessé, Marco Planus n’a jamais quitté mon cœur de supportrice Marine et Blanc. On a vécu notre première et notre dernière à Lescure ensemble, ça valait bien quelques larmes. Quelques larmes, et la fierté d’arborer son maillot et son numéro 27 floqué dans mon dos.

Et après ?

C’est un livre d’Histoires qui se ferme. Le passé des Girondins de Bordeaux, et un bout du passé de chaque supporter. Mon adolescence aussi. Heureusement, un nouveau livre s’ouvre avec un nombre infini de pages blanches à remplir. Et je peux vous dire qu’il me tarde de vivre tout ça, pour pouvoir raconter à mes enfants dans quelques années, avec un air de vieille conne, comment c’était bien avant, au Parc Lescure.

 

Alors, adieu Lescure !

Adieu Les Cure

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